CSI: Montréal, ou l'histoire du premier labo de médecine légale en Amérique

19 avril 2017 | Brite Pauchet

Avant Las Vegas, New York et Miami, il y avait Montréal!

En fait, la médecine légale n’existe pas depuis très longtemps à l’époque. Le premier laboratoire ouvre à Paris en 1868 et le second, toujours en France, à Lyon en 1910. Le troisième est inauguré quatre ans plus tard, sur la rue Craig (aujourd’hui Saint-Antoine), dans le Vieux Montréal. Le lieu n’est pas anodin : il s’installe au dernier é tage de la morgue.

Son fondateur est le médecin Wilfrid Derome

seul médecin un pharmacien-chimiste , Franch ère Pépin. Cet expert en toxicologie fera des poisons et des explosifs sa spécialité.

Il faut se remettre dans le contexte de l’époque. Le Dr Derome amenait de nouveaux éléments de preuve. Personne ne les connaissait. Personne ne les comprenait, même. Il a donc dû tout expliquer en cour. Oui, il est possible de reconnaitre un individu par les empreintes digitales qu’il a laissées sur la scène de crime. Oui, le canon des armes à feu renferme de minuscules aspérités qui impriment un schéma unique de rayures sur les balles qui en sortent. « Le Dr Derome amenait des schémas pour bien faire comprendre ces nouvelles technologies. C’est important de savoir comment elles peuvent apporter une nouvelle preuve, mais c’est aussi essentiel de comprendre leurs limitations. C’est encore vrai aujourd’hui », précise Mme Dicaire.

Le Dr Derome a beaucoup voyagé. Son territoire couvrait toute la province, de Gatineau à Sept-Îles. De plus, sa réputation a rapidement dépassé la frontière du Québec. On l’appelait de partout. Son travail a inspiré de nombreux laboratoires de médecine légale, entre autres celui de la Gendarmerie royale du Canada, fondé en 1937, et celui du FBI ( ), fondé à Chicago en 1932.

affaire Gagnon

Le Dr Derome examinera la santé mentale de l’accusée, Marie-Anne Houde . Selon lui, la femme est saine d’esprit et capable de répondre de ses actes devant le tribunal. Initialement condamnée à mort (par pendaison), elle verra sa peine commuée en un emprisonnement à vie. Le père d’Aurore, qui n’a rien fait pour la protéger, sera déclaré coupable d’homicide involontaire. Après cinq ans de prison, il est libéré pour bonne conduite.

CSI : L’expérience

Filtrer les résultats
Instagram