Marie-Josée Parent, une politicienne autochtone engagée

10 novembre 2017 | Marion Spee

Marie-Josée Parent est l’une des porteuses de savoir présentées dans l’exposition Génie autochtone : des inventions toujours actuelles, à l'affiche au Centre des sciences de Montréal jusqu’au 25 mars 2018.

« Ce sont mes parents qui m’ont transmis ce goût pour la politique, on a toujours été très engagé », avoue Marie-Josée Parent, qui vient d’être élue conseillère de ville pour le district Champlain-Ile-des-Sœurs (arrondissement de Verdun), dans l’Équipe Denis Coderre. Elle est devenue la première élue autochtone de l’histoire de la Ville de Montréal.

C’est la seconde fois qu’elle s’essaie en politique municipale, mais sa première tentative était davantage une occasion de prendre le pouls, de voir si elle aimait ça. Cette fois, elle y a consacré plus de temps et de moyens. Maintenant qu’elle est élue, Marie-Josée Parent prévoit laisser son poste de directrice de DestiNATIONS, un organisme qui vise à établir une ambassade culturelle autochtone à Montréal, et pour lequel elle s’est beaucoup investie. « C’est un grand projet né sous l’impulsion de la communauté Autochtone de Montréal. C’est parti d’un besoin de marquer la trame urbaine montréalaise par une architecture contemporaine Autochtone. Et d’avoir un espace pour célébrer et faire connaître nos cultures contemporaines », explique la candidate. L’idée selon elle, c’est de montrer que les cultures autochtones sont bien vivantes aujourd’hui. C’est aussi sortir d’une logique dans laquelle soit on se plie à des modes non autochtones, soit on passe comme étant folklorique.

En tant que conseillère de ville, elle aura des outils pour travailler en profondeur sur des points cruciaux comme la culture et aussi la réconciliation. Agir de manière concrète dans la vie des gens, voilà pourquoi Marie-Josée Parent a voulu une place dans la vie politique municipale.

Pour elle, c’est une évidence et elle met un point d’honneur à le respecter : ne pas segmenter les différentes parties de sa vie, de la vie. La culture, le vivre ensemble, la diversité, l’environnement… tout est inter-relié. « Ma famille, et plus globalement ma culture, viennent teinter fortement la manière dont je pense le monde, la manière dont je vois la gouvernance et le rôle de la communauté », assure la jeune femme, qui soutient haut et fort qu’il faut reconnaître les implications de chacun, de toutes les générations. « Je me suis fait répéter toute ma vie de respecter les aînés, parce qu’ils ont un savoir à transmettre », affirme-t-elle.

C’est avec cette vision qu’elle veut s’impliquer davantage. « On choisit les gens pour leurs idées », concède-t-elle. Même si c’est certain que l’observation continue de ce qui se passe autour est primordiale. Bien comprendre le milieu, observer les gens qui y évoluent, décrypter l’univers dans lequel on se lance sont des étapes fondamentales qu’il faut suivre et respecter avant d’agir. « Sinon on impose aux gens des choses qui ne leur conviennent peut-être pas », résume-t-elle simplement.

Observer, c’est donc un prérequis non négociable, mais qui doit s’accompagner d’un suivi, pour être certain que les actions menées conviennent. Alors Marie-Josée Parent n’hésitera pas à proposer des méthodes de participation citoyenne pour favoriser la collaboration et l’information envers les citoyens. 

Pour visiter l'exposition: 

Génie autochtone: des inventions toujours actuelles
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