Ton cerveau déraille: Le stress ne cause pas le cancer

17 février 2016 | Jonathan Jarry

Ton cerveau n’est pas un ordinateur. C’est un générateur de croyances susceptible à de multiples perceptions illusoires, opéré par de puissantes émotions et facilement biaisé. Le cerveau humain est le résultat d’une longue évolution imparfaite par laquelle certaines acquisitions, bien utile pour nos ancêtres africains, sont mal adaptées à notre réalité.

Par exemple, savais-tu qu’un sondage a révélé que, sur un échantillon de 200 femmes ayant survécu au cancer des ovaires, 63,5% croyaient que leur cancer était dû au stress? L’absence de récurrence de leur cancer était expliqué par 82.5% des femmes par la pensée positive, alors que les deux tiers impliquaient aussi la prière. Des chiffres semblables ont été rapportées pour le cancer du sein. 

Nous savons que le stress ne cause pas le cancer; les risques connus sont les facteurs génétiques (qui expliquent de 10 à 15% des cas), l’âge et certains facteurs liées au système reproducteur, tels que l’infertilité. De même, la prière ne sera pas prescrite par un médecin d’ici tôt. Le cerveau humain, par contre, aime bien créer des associations causatives lorsqu’il voit une belle correlation. Il est impossible de lire nos gènes avec nos yeux; notre stress est bien plus visible et sert d’explication pratico-pratique. De même, notre cerveau a horreur du vide et tend à combler l’inconnu par un raisonnement quelconque.

La susceptibilité à ces déraillements du cerveau n’est pas un signe de stupidité. Nous sommes tous à la merci d’un esprit nous offrant des raccourcis intellectuels séduisants et des perceptions déroutantes. Les reconnaître est le premier pas vers une pensée plus critique.


Jonathan Jarry est un communicateur des sciences de la santé pour le site The Body of Evidence. Il co-anime un podcast, fait des vidéos et rédige un blogue, principalement en anglais.

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