Le corps humain : jusqu’où irons-nous?

Radio-Canada
20 août 2019 | Marc-Andre Jacques

Résultat de plusieurs millions d’années d’évolution, le corps humain est une véritable merveille. Ce chef-d’œuvre est mis en valeur dans l’exposition Humain du Centre des sciences de Montréal, où l’on explore autant son développement au cours d’une vie, que son évolution à travers les millénaires.

Le rôle présent et futur de la science et de la technologie sur la santé humaine y est également abordé et est exploré sous plusieurs angles. Dans l’exposition, nous découvrons notamment les bienfaits des défibrillateurs utilisés par les personnes atteintes de maladie cardiaque congénitale, ainsi que les promesses de la technologie intrigante de l’impression d’organes.

En nous amenant à réfléchir au futur de l’humain, l’exposition nous invite à nous questionner sur la façon dont la technologie affecte notre contact avec ce qui nous entoure. Comment par exemple un bras robotisé change-t-il la personne atteinte de dystrophie musculaire qui l’utilise? Est-ce que de meilleures entrées sensorielles, augmentées par la machine pourraient être souhaitables?

Ces questions évoquées dans l’exposition Humain sont approfondies dans une série d’ICI EXPLORA : Human + Le Futur de nos sens. Cette série de cinq diffusions hebdomadaires emmène les téléspectateurs dans l’univers énigmatique des scientifiques, des chercheurs et des entrepreneurs qui révolutionnent la manière dont l’humain touche, voit, entend, sent et goûte. Le premier épisode sera diffusé le mercredi 21 août, dès 22h00. Explorons ensemble certains aspects abordés dans cette série.

Le toucher

Dès notre naissance, le toucher prend toute son importance. Il permet de créer des liens avec maman, de sentir ce que les yeux ne peuvent voir et ce que les oreilles ne peuvent entendre. Aujourd’hui, la science et la technologie repoussent les limites naturelles du toucher. Grâce à la technologie haptique, il est maintenant possible de toucher à distance des objets virtuels situés à des milliers de kilomètres et de ressentir les forces qui les animent. Prenons pour exemple le bras robotique développé par Psyonic : il possède des capteurs tactiles qui stimulent les nerfs sensoriels et permettent à l’utilisateur de ressentir le contact tactile. Avec cette nouvelle technologie, un bras robotisé devient une extension du corps de la personne.

Aadeel Akhtar

Aadeel Akhtar, étudiant au programme M.D./Ph.D. à l’Université de l’Illinois. Photo: Radio-Canada
 

La vue

Fermez les yeux quelques secondes. Vous vous sentez un peu vulnérable de ne pas tout comprendre ce qui vous entoure? C’est normal. Le sens de la vue nous ouvre sur le monde et nous permet de saisir, en un clin d’œil, ce qui nous entoure. Grâce à la science et la technologie, notre compréhension de la vue ne cesse de s’améliorer. Prenez ces nouvelles lunettes munies d’une caméra. Elles communiquent avec un implant placé au niveau de la rétine et permettent à leurs propriétaires d’utiliser la lumière pour redécouvrir le monde.

lunettes

Photo: Radio-Canada
 

L’ouïe

Imaginez une vie sans musique, sans le rire de votre meilleur ami ou de vos enfants. Comme dans un film, les sons forment la trame sonore de notre vie. La science et la technologie de l’audition sont aussi en pleine mutation. Ainsi, certains appareils auditifs augmentent les capacités naturelles de l’oreille humaine et permettent à des personnes en perte d’audition d’entendre à nouveau. Tels des véritables cyborgs, on fusionne alors l’être humain avec des implants cochléaires pour réussir à restaurer une certaine forme d’audition.

Et que dire de Daniel Kish? Cette personne non voyante mais qui, comme une chauve-souris avec son sonar, voit en vocalisant des cliques sonores qu’il fait rebondir autour de lui pour se guider. Grâce à ce phénomène appelé écholocation, il « entend » la forme de son environnement et réussit même à faire… du vélo.

Daniel Kish à vélo

Daniel Kish à vélo en 2011. Photo : Thatcher Cook
 

L’odorat

Un effluve peut rappeler avec une très grande puissance un souvenir ou une émotion. Plus qu’un excellent encodeur de moments inoubliables, notre sens de l’olfaction permet de distinguer des centaines de milliards de parfums. Dans notre code génétique, 400 gènes fabriquent les récepteurs capables de distinguer toutes ces fragrances. Avec tous ces gènes, jusqu’où peut aller l’utilisation de l’odorat?

Une réponse partielle a été trouvée au Manchester Institute of Biotechnology. En effet, Perdita Barran et son équipe sont parvenus à identifier une substance odorante permettant de détecter les personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

Perdita Barran

Perdita Barran est directrice du Michael Barber Center pour la spectrométrie de masse collaborative au Manchester Institute of Biotechnology. Photo:Radio-Canada
 
Le goût et l’association des sens

Bien sûr vous avez déjà remarqué que votre soupe a un goût fade quand votre nez est bouché. Vous savez déjà que ces deux sens travaillent en équipe. Le goût, l’odorat, la vue, le toucher et l’ouïe sont aussi interreliés. En effet, notre cerveau traite l’information provenant de nos différents sens pour créer une expérience plus riche et multisensorielle. Lorsqu’un sens est diminué, les autres prennent ensemble la relève, se réorganisent, pour compenser. Cette plasticité du cerveau lui permet de s’adapter. Prenez l’exemple de ce jeune étudiant qui, grâce à une caméra envoyant des signaux électriques à sa langue, réussit à « voir » avec sa langue.

Entrelacement entre humains et machines

Et si les sensations, les expériences et même les compétences, parvenaient directement à notre cerveau par une machine? De récents avancements au niveau de l’enchevêtrement neurones/microprocesseurs promettent de pouvoir « lire » l’information traitée par le cerveau et d’« écrire » dans le cerveau. Après un téléchargement approprié, vous pourriez dire que vous parlez le mandarin… en mandarin. Avec ces promesses viennent plusieurs questions que nous devons nous poser sur notre intégrité en tant qu’être humain, notamment: jusqu’où irons-nous?

Marc-Andre

Jacques

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Marc-André travaille comme chargé de recherche et vulgarisation au Centre des sciences de Montréal, après y avoir été éducateur scientifique auprès du public. Il détient un baccalauréat en orthophonie-audiologie et en biotechnologie et suit l’actualité technologique comme un vrai technovore. Il adore communiquer ses découvertes sur le monde de la science et de la technologie.

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