CSM sur la route à Kuujjuaq - Récit de voyage - Première partie

13 juin 2019 | Équipe du Cent…

En avril dernier, dans le cadre de notre programme « Centre des sciences sur la route », nous avons envoyé deux éducateurs, Franco Boriero et Cédric Egain, dans le nord du Québec, à Kuujjuaq. Voici leurs impressions au retour de leur voyage, sur Kuujjuaq, et sur les animations qu’ils ont données à l’école Jaanimmarik.

Quand le Boeing 737 de First Air se pose sur la piste d’atterrissage du petit aéroport de Kuujjuaq, le thermomètre indique -12°C. Karinne Latte, l’enseignante à l’école Jaanimmarik qui a sollicité notre visite, nous attend dans l’aérogare. Elle est venue avec le pickup de l’école qui a la particularité de porter une plaque d’immatriculation… chose rare ici. Nous jetons nos sacs à l’arrière et embarquons pour un trajet qui nous fait voir notre hôtel, la boutique d’art inuit, l’hôpital, le bureau de poste, les bâtiments administratifs et, finalement, l’école, le tout en moins de 7 minutes. Karinne stationne le pickup à côté de deux motoneiges et d’un quatre roues et nous pénétrons dans l’école Jaanimmarik.

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esjtyu

Les boites de matériel arrivées une semaine avant nous attendent dans les labos de science. Il n’y a plus qu’à prendre possession des lieux. Nous nous mettons au travail sans perdre de temps, car nous sommes pressés de déposer nos valises à l’hôtel et de commencer l’exploration de la ville. Nous séparons le matériel, bougeons tables et chaises, et bientôt, nous pouvons quitter l’école, tout est prêt pour demain. On nous propose un lift, mais nous préférons marcher les 12 minutes qui nous séparent de l’auberge. Après une navigation hasardeuse, nous prenons possession de nos chambres et, quelques minutes après, nous sortons avec nos appareils photo pour notre premier vrai contact avec Kuujjuaq.

Instinctivement, nous nous dirigeons vers la rivière Koskoak qui est encore gelée en cette saison. Nous suivons la piste de motoneiges balisée par des branches d’épinette. Le paysage est fantastique. Nous ne sommes qu’à 60 km de la baie d’Ungava, aussi, l’effet de la marée est bien visible. D’énormes monticules de glace hirsute témoignent de la force de l’eau qui continue de couler sous nos pieds. Alors que nous nous extasions de la beauté de ce paysage, le soleil commence à descendre et la température lui emboite le pas. Nous retournons donc vers la terre ferme. Il est temps de retourner à l’hôtel pour souper. La soirée se passera à l’auberge, à échanger nos premières impressions, anticiper la rencontre des élèves et prédire le sort du CH en cette fin de saison.

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Le lendemain, c’est la nuit du Nunavik qui nous offrira ses splendeurs. À 21h30, Karinne nous prévient qu’elle a vu quelques lueurs dans le ciel en promenant son chien et qu’en marchant quelques minutes depuis notre hôtel, nous devrions voir des aurores boréales. Nous nous équipons chaudement, prenons appareils photo et trépieds et nous dirigeons vers le croisement où, selon elle, nous devrions pouvoir assister au spectacle. Nous distinguons en effet de maigres lueurs à l’horizon nord, mais la pollution lumineuse est trop forte pour pouvoir s'extasier. Nous décidons alors de sortir de la ville et nous laissons guider par la lueur sur un chemin de neige dans lequel nous nous enfonçons souvent jusqu’aux genoux.

Plus nous avançons, plus il devient évident que nous sommes en train de vivre un moment extraordinaire. Rendu sur un promontoire duquel nous surplombons la ville, le spectacle est tout simplement hallucinant. L’horizon nord-ouest est illuminé de bandeaux verts variant en forme et en intensité. Nous nous installons et commençons à prendre des photos, en espérant que nos réglages sont corrects. Puis, les bandeaux se déplacent et peu à peu, c’est tout le ciel qui s’illumine de vert, de mauve et même de rose. Nous oublions nos appareils photo et ne pouvons contenir des cris de joie et de stupéfaction.

aurores boreales

Pendant un moment d’accalmie, un bruit dans les arbres nous fait nous questionner sur la possibilité d’avoir près de nous un animal belliqueux… mais le spectacle repart de plus belle et nous n’y pensons plus. Finalement, l’activité baisse et le froid se fait sentir, nous rebroussons chemin en nous retournant de temps en temps pour garder un maximum d’images en tête.

Les Innuits sont des chasseurs/pêcheurs et leur repaire s’appelle le « Hunter Support Center ». Nous sommes allés y faire un tour le mercredi après nos animations. Une radio y capte en permanence les communications des chasseurs. S’ils ont besoin d’aide, c’est ici que les secours vont s’organiser. On y trouve des munitions, des cartes et appareils de navigation et des outils pour travailler les peaux. En haut du petit escalier traine en boule une peau de loup fraichement chassé. Au fond de la première salle sont entassés sur des portants et des étagères des manteaux (atigik), des bottes (kamik), des tuques (nasak) et des mitaines (paaluuk), confectionnés par des habitants de Kuujjuaq. Dans une autre pièce, on trouve des peaux en train de sécher. Il y a là renards et loups suspendus au mur. Pendant que nous nous extasions sur la douceur des pelages, une porte s’ouvre derrière nous. Un chasseur entre et extrait d’un gros sac une douzaine de lagopèdes  congelés et les dépose dans une caisse au milieu de la pièce. Végétariens s’abstenir…

Ici, les chasseurs sont rémunérés et déposent leur chasse dans des congélateurs communautaires. Leurs prises servent notamment à nourrir les enfants de la garderie, nous dit-on. La température en ce mercredi est incroyablement douce, autour des 5°C, et la neige fondue ruisselle dans les rues. Nous en profitons pour marcher dans la ville car un blizzard est annoncé pour ce soir et le lendemain. La météo ne se trompera pas et jeudi nous cantonnera à l’intérieur comme elle clouera les avions au sol.

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Vendredi, pour notre dernier jour, le soleil brille et la température est de -30°C. Maxence, un psychoéducateur de l’école, nous emmène hors de la ville avec son auto. Nous roulons jusqu’à la marina où les embarcations sont mises à l’eau l’été. Légèrement en aval, les gros bateaux transportant vivres et carburant doivent s’arrêter; la cargaison continuera son trajet jusqu’à la ville sur des barges. Nous sommes ici tout proches de la limite des glaces. Maxence nous confie que l’an passé, cette limite se situait quelques dizaines de mètres plus loin. Un détour par la dompe, rebaptisée « le Canadian Tire », « le lac à caca » (où sont déversés les eaux usées de la ville car il n’y a pas d'égout ici) et nous devons déjà penser à retourner à Montréal. Nous gravons une dernière fois les paysages nordiques dans notre tête en rêvant déjà d’y revenir.

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Dans le prochain billet, nous vous raconterons nos rencontres avec les élèves de l’école Jaannimarik et comment les défis de la salle Fabrik ont fonctionné avec les élèves du Nunavik.

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