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L’écocitoyenneté à hauteur des tout-petits avec Mini Mondo

7 juin 2022 | Laura Martinez

Mini Mondo, c’est une introduction à l’écocitoyenneté à travers l’exploration d’un monde créé à hauteur des tout-petits. L'écocitoyenneté? Ça veut tout simplement dire avoir une conscience écologique et adapter son mode de vie afin de réduire son empreinte écologique. Mais ce n’est pas tout! Notre exposition la plus récente est aussi plus inclusive, notamment pour les familles issues de l’immigration. Découvrez comment le Centre des sciences de Montréal s’est creusé les méninges pour monter une telle expo.

« Génial! C’est la hauteur parfaite pour que ma fille de 10 mois se tienne debout au bord du bac! », je m’exclame devant le potager dont les légumes sont en mousse et en cuirette. J’imagine déjà ma petite évoluer dans l’espace. Et elle aura de quoi faire!

Divisée en trois sections - la ville, la rivière, la forêt -, Mini Mondo a pour but de sensibiliser les 0-7 ans à l’environnement à travers le jeu libre, explique la conceptrice de l’exposition, Élodie Robert. Autour de nous : une maisonnette, que les enfants pourront couvrir de panneaux solaires en mousse, un potager urbain pour planter puis ramasser ses légumes en jouet, une épicerie en vrac qui ressemble à une vraie, etc.

Après presque deux ans de travail et de nombreux défis - dont une pandémie -, la chargée de projet voit enfin la lumière au bout du tunnel.

Du mobilier très bas

« C’est la première fois qu’on vise les tout-petits », explique la directrice de la programmation du Centre des sciences, Cybèle Robichaud, pour qui il allait de soi de consacrer une salle aux 0-3 ans qu’elle croisait souvent au musée.

Pour Élodie Robert, c’est aussi une première. Il lui a d’ailleurs fallu découvrir à travers des lectures, des visites et de nombreux échanges notamment avec des experts de la petite enfance, la clé pour s’adresser à un tel public. Résultat : du mobilier très bas, peu de texte, aucun objet dangereux et des interactifs qui mobilisent la motricité fine ou font appel aux cinq sens.

« Solliciter les autres sens que la vue, c’est bon pour le développement de l’enfant. Et en plus ça a l’avantage d’être accessibles à ceux ayant un handicap visuel », affirme la conceptrice, qui a consulté l’organisme Kéroul spécialisé dans le tourisme et la culture pour personnes à capacité physique restreinte.

En plus de travailler avec différents experts, dont le professeur de l’Université de Sherbrooke, Marc Boutet, spécialisé en didactique de l’éducation à l’environnement, l’équipe a engagé des artistes afin de créer un espace au design inclusif, accueillant et inspirant pour les familles, espère la chef, développement et réalisation, Maud-Fred Côté-Leblanc.

Un large pont, à faible pente, sans marche et délimité par une bande bosselée et contrastée, permet d’augmenter l’accessibilité aux personnes en fauteuil roulant et malvoyantes. Photo : Laura Martinez.
Un large pont, à faible pente, sans marche et délimité par une bande bosselée et contrastée, permet d’augmenter l’accessibilité aux personnes en fauteuil roulant et malvoyantes.

 

Séduire les tout-petits… et leurs parents!

« Est-ce que je peux essayer le tunnel ? » je demande enthousiaste à Élodie Robert en entrant dans l’espace dédié aux 0-2 ans. Ici, les tout-petits peuvent évoluer sans risquer de se faire bousculer par les grands, me précise ma guide.    

« On a aussi deux grandes nouveautés! », lance-t-elle avec entrain, en poussant la porte de la nouvelle salle d’allaitement, doté de fauteuils confortables, d’un évier, d’un micro-onde et d’une table à langer. « Et juste à côté, il y a une toilette familiale, une cuvette pour adulte et une pour les petits, un grand et un petit lavabo, et une table à langer pour les grands enfants », continue Élodie Robert. « On est vraiment fier de cet espace-là », me confie Cybèle Robichaud.

Le défi : créer une expo plus inclusive

« Mini Mondo c’est aussi un projet pilote, où on vise une clientèle qui fréquente peu le Centre des sciences : les familles issues de l’immigration », ajoute la directrice.

Pour séduire ces familles, quelques ajustements ont dû être faits. Par exemple, les textes ont été traduits - en plus de l’anglais -, en arabe, chinois, créole et espagnol. Et des produits provenant de différentes cultures ont été ajoutés dans l’épicerie. Mais comment ces adaptations ont-elles été ciblées ?

Des murales colorées aux dessins inclusifs illustrent le cosmopolitisme de la ville de Montréal. Photo : Laura Martinez.
Des murales colorées aux dessins inclusifs illustrent le cosmopolitisme de la ville de Montréal.

 

« On a des biais donc ça ne sert à rien de faire les choses comme on pense qu’il faut les faire », m’explique la conceptrice de l’exposition. « Il faut inclure les personnes qu’on vise dans le processus », poursuit Élodie Robert, qui a fait appel à la firme spécialisée en ethnographie urbaine Humain Humain pour l’aider dans cette démarche.

Dans ce but, des groupes de discussion ont été organisés avec des parents fréquentant la Maison internationale de la Rive-Sud et des enfants issus de deux classes d’accueil. « Par exemple, nous leur avons demandé ce qu’ils mettaient dans leur boîte à lunch », explique Élodie Robert, qui a pu ainsi intégrer des aliments de différentes cultures dans l’interactif ‘Boîte à lunch’ de l’épicerie.  

« Je pense que l’épicerie risque de connaître un certain succès. C’est très populaire auprès des enfants de jouer à aller à l’épicerie. Et c’est tout mignon avec les petits pains et les bocaux avec les aliments en vrac », s’enthousiasme Cybèle Robichaud.

Décidément j’ai bien hâte que ma petite fille vienne découvrir et explorer ce mini monde, qui pour une fois sera à sa hauteur. Une hâte partagée par toute l’équipe du Centre des sciences de Montréal, curieuse de découvrir les réactions des futurs mini-écocitoyens.

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Laura Martinez
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Texte et photos par Laura Martinez

Mordue de science et d’aventures, Laura a passé plus de dix ans à étudier les fonds marins. C’est même la spécialiste des coups de soleil sur les baleines! Depuis 2017, cette docteure en biologie partage son temps entre la recherche en Arctique, le journalisme scientifique et différents projets de vulgarisation scientifique. Ne ratez pas ses autres billets de blogue !