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La désinfection électrostatique à l’attaque du coronavirus

30 juillet 2020 | Catalina Ville…

Cette semaine, nous avons reçu la question suivante de la part d’une internaute : « quelles sont vos procédures de désinfection en vue de la réouverture? » Cette question nous permet de vous dévoiler la science de la désinfection électrostatique que nous mettons en place au Centre des sciences.

La santé et la sécurité de nos employés et de nos visiteurs demeurent essentielles et elles sont notre priorité. La science se trouve dans tout ce que nous faisons, y compris l’assainissement de toutes les surfaces et du mobilier pour empêcher la propagation du virus.

La désinfection électrostatique, qu’est-ce que c’est?

Vous avez sûrement déjà frotté avec vos vêtements un ballon gonflé pour le coller au mur. Vous savez aussi que le phénomène qui permet cela est l’électricité statique. Ainsi, en frottant le ballon, il leur prend quelques électrons (particules de charge négative) et il devient donc chargé négativement (-). En approchant le ballon du mur, dont la charge est neutre, les électrons du ballon repoussent ceux du mur, car les charges similaires se repoussent. En conséquence, cela rend la surface du mur chargée positivement. Ensuite, le ballon (-) adhère alors au mur (+), car les charges sont maintenant opposées. Cette expérience est un des exemples d’électricité statique, c’est-à-dire lorsque les charges électriques ne se déplacent plus après avoir été cédées d’un objet à un autre.

La désinfection électrostatique que nous utilisons au Centre des sciences de Montréal tire profit de ce même principe : à l’intérieur du pistolet-pulvérisateur se trouve une électrode qui introduit des charges négatives dans le produit désinfectant. En parallèle, un compresseur d’air génère un flux silencieux. Le flux, ainsi chargé négativement, est attiré par toutes les surfaces et les enrobe uniformément. À la différence d’un tuyau d’arrosage, le flux d’un pulvérisateur électrostatique fait même le tour des objets. Il n’y aura donc pas de cachettes pour les microorganismes!  

Un désinfectant sécuritaire pour l’humain

Pour assainir les surfaces, le pulvérisateur électrostatique les arrose avec du peroxyde d’hydrogène dilué. Le peroxyde d’hydrogène, ça vous sonne une cloche? Si oui, c’est parce qu’il est bien connu pour nettoyer les bobos. Vendu en pharmacie, ce composé n’est rien d’autre que de l’eau (H2O) avec une molécule d’oxygène (O) additionnelle : H2O2 (il est aussi connu comme eau oxygénée). Il est redoutable contre les virus, les bactéries, les moisissures, etc. Le peroxyde d’oxygène est considéré comme une alternative écologique aux composés à base de chlore (comme l’eau de javel), car il se dégrade pour former de l'oxygène et de l'eau.

Faits intéressants :

  • La technologie de pulvérisation électrostatique est employée également en agriculture pour asperger des pesticides. Le produit se rend même en dessous des feuilles des plantes. Elle est utile aussi en peinture : cette technique permet s’obtenir des finis lisses et uniformes et d’économiser de la peinture parce qu’elle enrobe les objets à couvrir en réduisant les éclaboussures et les dégâts.
  • Le peroxyde d’hydrogène est généré naturellement chez les êtres vivants comme sous-produit de la respiration cellulaire.

 

Sources :

https://www.youtube.com/watch?v=jPliFIgEWYU  Science of electrostatic spraying

https://www.graco.com/us/en/in-plant-manufacturing/solutions/articles/electrostatic-spray-gun-basics.html  What is electrostatic painting?

https://www.youtube.com/watch?v=LAEGkaqKZhQ What is electrostatic spraying?

https://www.metrospec.com/decontamination-et-desinfection-electrostatique/?lang=fr  Décontamination et Désinfection Électrostatique

https://www.journaldemontreal.com/2013/03/22/le-peroxyde-dhydrogene-efficace-et-inoffensif Le peroxyde d’oxygène, efficace et inoffensif

https://fr.wikipedia.org/wiki/Peroxyde_d'hydrog%C3%A8ne Peroxyde d’oxygène

Catalina Villegas Burgos
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Catalina Villegas travaille comme chargée recherche et vulgarisation au Centre des sciences de Montréal. Elle détient un baccalauréat en génie physique, mais elle a découvert que sa passion se trouvait dans la communication et la vulgarisation scientifique. Elle s’intéresse aussi à l’art, la caricature, l’origami et la littérature.

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