La statistique, c’est du gâteau!

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25 janvier 2019 | Laurie Noreau

Dans le cadre de l'événement Les Audacieuses - présenté par l'UQAM, qui se déroulera le dimanche 10 février au Centre des sciences, nous continuons la publication de portraits de femmes inspirantes en sciences et technologies.

Rien ne prédestinait la professeure Geneviève Lefebvre aux études en mathématiques. Avec une mère fonctionnaire et un père pâtissier, elle était plus près des petits gâteaux que des graphiques en pointe de tarte. « Mes parents n’étaient pas des scientifiques, mais ils étaient des gens très curieux. J’ai toujours eu leur support dans mes choix de carrière », raconte la statisticienne.

L’école a toujours été d’une étonnante facilité pour elle. Les mathématiques, presque un jeu d’enfant. Le choix d’entreprendre des études dans ce domaine s’est imposé naturellement. Rapidement, l’envie de réaliser des travaux plus concrets se fait sentir. C’est là qu’elle se découvre une véritable passion pour la statistique. « C’est une discipline tellement vaste! C’est un domaine où il est possible de se créer une carrière pratiquement sur mesure », reconnait-elle. (Pour vous en donner une idée, allez voir les vidéos amusantes de la chaîne La statistique expliquée à mon chat.)

À la fin de son baccalauréat, elle rencontre la Dre Lucie Blais, une spécialiste de la pharmaco-épidémiologie, qui est l’étude de l’efficacité des médicaments. Cette rencontre change tout ! La passion de Geneviève Lefebvre se précise alors : elle se lance dans la biostatistique, où on applique les méthodes statistiques au monde du vivant.

Au doctorat, elle ajoute une corde à son arc en développant des connaissances en informatique. Ainsi bien équipée, elle commence à étudier elle-même l’efficacité des médicaments. Les mathématiques et la santé, deux domaines a priori aux antipodes, mais qui se complètent à merveille!

Geneviève Lefebvre - Crédit photo : UQAM

Geneviève Lefebvre
Crédit photo: UQAM
 
Faire parler les données

La preuve : elle évalue présentement l’effet des médicaments pour l’asthme chez les femmes enceintes. Mais pour ne pas nuire aux fœtus, on ne peut pas faire n’importe quelles études avec ces femmes, comme tester de nouveaux médicaments ou demander aux femmes d’arrêter leurs traitements actuels. C’est là que la statistique entre en jeu : grâce à l’analyse fine des données d’observation, on peut révéler des informations précieuses pour les médecins et les chercheurs en pharmacologie.

Et c’est justement le cœur des travaux de Geneviève Lefebvre : améliorer les méthodes statistiques pour établir des liens de cause à effet entre les traitements et leurs effets sur la santé. « Je trouve que la biostatistique est une science noble : on aide les gens à faire de meilleurs choix en santé. J’ai l’impression d’être utile. »

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Crédit photo : Pixabay/geralt

 

Si les mathématiques restent une chasse gardée masculine, la statistique, elle, se révèle un milieu plutôt paritaire. « Je n’ai jamais senti que j’évoluais dans une discipline réservée aux hommes. J’ai toujours été entourée de collègues féminines pendant mon parcours universitaire. » Pour les jeunes filles intéressées par le raisonnement logique et abstrait ou l’informatique, le chemin semble donc tout tracé.

En tant que femme, la professeure Lefebvre a pu monter les échelons jusqu’à devenir directrice adjointe des programmes de premier cycle en mathématiques et statistique de l’UQAM et co-directrice du centre facultaire de recherche en statistique et science des données STATQAM. Il reste qu’elle a parfois dû surmonter des obstacles durant sa carrière. « Les femmes ont quelquefois plus de difficulté à s’affirmer ou à avoir confiance en elles. À certains moments, il ne faut pas avoir peur de bien faire valoir nos idées », conseille-t-elle aux jeunes filles qui voudraient suivre cette voie.

Laurie

Noreau

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Laurie Noreau est journaliste scientifique indépendante. Elle collabore avec différents magazines et journaux québécois dont Québec Science, Le Devoir et La Presse. Diplômée en communication – profil journalisme à l’Université Laval en 2015, elle a commencé sa carrière au quotidien Le Nouvelliste à Trois-Rivières. Lauréate de la bourse Fernand-Seguin en 2016, elle se consacre désormais à rendre la science accessible au plus grand nombre.

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