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Objectif Lune

19 juillet 2018 | Marion Spee

Les images sont en noir et blanc, un peu floues. Les voix sont entrecoupées de « bips », elles paraissent lointaines mais si proches à la fois. Si chaque région du monde retient des dates qui ont marqué son histoire, celle-ci nous concerne tous : le 20 juillet 1969*, un homme a marché sur la Lune. C’est un des plus grands exploits technologiques de l’histoire de l’humanité. C’est aussi l’aboutissement d’une bataille politique, médiatique et scientifique que se sont menées les deux grandes puissances de l’époque - les États-Unis et l’URSS.

L’événement est retransmis en direct à la télévision dans le monde entier, devant des millions de spectateurs ébahis. Trente-six chaines de télévision sont présentes dans la salle de presse, près de 3 500 journalistes sont accrédités pour suivre l’aventure.

Bond de géant pour l’humanité

Ce jour-là donc, Neil Armstrong pose le pied sur la Lune, à près de 400 000 km de la Terre. Et il en profite pour prononcer cette phrase si célèbre aujourd’hui : « C'est un petit pas pour un homme, un bond de géant pour l'humanité » (« That's one small step for a man, one giant leap for mankind »). Pendant 2h30, lui et son équipier Edwin « Buzz » Aldrin ont fait ce que personne n’avait fait avant. Selon eux, le sol avait une apparence poudreuse et les empreintes de pas ressemblaient à des traces dans du talc. Ils en ont aussi profité pour prélever des échantillons (21,7 kg de roche et de sol au total) et installer des instruments scientifiques (sismomètre, réflecteur laser). Le 3e homme de la mission, Michael Collins, est quant à lui resté en orbite en tant que pilote du module de commande.

NASA


Crédit photo: NASA

La mission Apollo 11 est la troisième mission habitée à s’approcher de la Lune, et la première à y alunir. Elle est partie le 16 juillet 1969 du centre spatial Kennedy en Floride à 13h32 pour revenir sur Terre (dans le Pacifique en fait) 195 heures et 19 minutes plus tard, le 24 juillet 1969 à 16h51. A leur retour, les astronautes ont été accueillis en héros. Il faut dire que la mission était risquée ! L’étape la plus sensible concernait précisément le décollage depuis la surface de la Lune : il fallait absolument que le système d’allumage du moteur du module lunaire fonctionne… parce qu’il n’y avait pas de plan B.

Des grandes premières

Apollo 11 est la mission des grandes premières. C’est la première fois qu’un homme aux commandes d’un vaisseau se pose sur la Lune, qu’un homme y marche, bien sûr, qu’un vaisseau y redécolle, mais aussi que des échantillons de sol reviennent sur Terre.

Un laboratoire a même été créé spécialement pour les recevoir à Houston : le Lunar Receiving Laboratory. Les morceaux de roche ont été confiés à quelques 150 scientifiques, toutes nationalités confondues, pour être scrupuleusement analysés. Verdict : les pierres sont des basaltes riches en fer et en magnésium. Leur composition est proche de celle de roches terrestres, mais plus riche en titane. Le sismomètre que les astronautes ont installé a quant à lui fonctionné pendant 21 jours et nous a appris que l’activité sismique de la Lune... était très faible. Quant aux réflecteurs lasers installés par les astronautes, ils ont permis de mesurer la distance entre la Lune et la Terre avec une précision inférieure au mètre. Aujourd’hui, la précision est inférieure au millimètre ! 

Mais si la culture populaire a gardé une forte impression de la mission Apollo 11, on oublie souvent que cinq autres missions ont mené des hommes sur la Lune, dont la dernière était Apollo 17 en 1972. L’équipage comptait, pour la première fois, un astronaute formé en sciences : le géologue Harrison H. « Jack » Schmitt. Avec Eugene Cernan, il était responsable de prélever les échantillons de roche lunaire, y compris celui que les visiteurs du Centre des sciences ont la chance de pouvoir toucher.

 

* Petite note pour alimenter les discussions autour du BBQ : Neil Armstrong a foulé le sol lunaire le 20 juillet à 22:56, heure avancée de l’Est. C’est généralement la référence utilisée aux États-Unis. Mais la convention pour dater les événements dans l’espace est le « temps universel coordonné » (UTC), selon lequel l’astronaute a plutôt réalisé sa marche historique le 21 juillet à 02:56...

Marion Spee
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Spécialiste des manchots dans une autre vie, Marion est aujourd'hui journaliste scientifique. Elle travaille notamment avec Curium, Science & vie, Québec Science, Le Monde. Recherchiste pour des émissions de télévisions (Electrons Libres), elle tient aussi une chronique d'actualité des sciences dans l'émission l'oeuf ou la poule, sur choq.ca (la radio web de l'UQAM).

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