Se préparer pour Mars… sur Terre

Crédit : NASA/Haugthon-Mars Project/Pascal Lee
21 février 2020 | Marc-Andre Jacques

Depuis les premiers pas de l’homme sur la Lune il y a 50 ans, la soif d’exploration pour l’espace ne s’est pas atténuée. Maintenant que les séjours habités sont mieux connus et maîtrisés depuis 2000, l’une des prochaines étapes de cette aventure sera certainement liée à la planète Mars.

Un cratère canadien comme terrain de pratique

Il existe ici-même, au Canada, un lieu qui partage plusieurs ressemblances avec Mars. Ce lieu unique décrit comme un « désert polaire » est le cratère de Haughton, situé au Nunavut, sur l’île de Devon.

Le canyon Astronaut vu sur l’île de Devon.

Le canyon Astronaut vu sur l’île de Devon. Crédit : NASA/Haugthon-Mars Project/Pascal Lee

En plus de présenter un paysage spectaculaire, ce dernier permet de simuler fidèlement plusieurs conditions environnementales propres à Mars.

À gauche, le canyon Astronaut de l'île de Devon.  À droite, le canyon d’lus Chasma sur Mars.

À gauche, le canyon Astronaut de l'île de Devon. À droite, le canyon d’lus Chasma sur Mars. Le canyon Astronaut ressemble à de grandes vallées sinueuses présentes sur Mars, comme les vallées voisines d'Ius Chasma, qui fait partie du gigantesque réseau de canyons martiens Valles Marineri. Crédit : NASA/Mars Institute Haugthon-Mars Project

Son environnement se décrirait ainsi : froid, sec, stérile, désolé, glacé, rocheux, poussiéreux, venteux, douché d’UV, dominé par de vastes plateaux et plaines, couvert de champs de blocs et de lits d’anciens lacs. Parfait pour simuler Mars quoi!

Simulation d’une opération scientifique dans un champ de dunes pendant une sortie extra-véhiculaire avec combinaisons spatiales.

Simulation d’une opération scientifique dans un champ de dunes pendant une sortie extra-véhiculaire avec combinaisons spatiales. Crédit : NASA/Haughton-Mars Project 2011/Mojave Field Test / Kira Lorber (couleur)

C’est donc pour ces raisons que depuis 1997, la NASA y pilote le Projet Haughton-Mars. Il s’agit d’un camp de recherche audacieux et un programme multidisciplinaire international qui compte parmi ses partenaires de recherche l’Agence spatiale canadienne. Ce projet a entre autres pour objectif de simuler des situations auxquelles feront face les humains dans une éventuelle exploration de Mars.

La station de recherche du Projet Haughton-Mars, vue aérienne.

La station de recherche du Projet Haughton-Mars, vue aérienne. Crédit : NASA/Haugthon-Mars Project

Est-ce que c’est exactement comme Mars ? Bien sûr que non. Même si ce cratère ressemble beaucoup à la surface martienne, il diffère aussi de celle-ci de bien des façons. En effet, la gravité de Mars est plus faible que celle de la Terre et sa pression atmosphérique est également plus basse. De même, les températures sur Mars sont extrêmes pouvant passer de -1530C à 200C et les radiations y sont très intenses.

Le Projet Haughton-Mars permet de développer, tester et valider des stratégies capitales pour l’exploration de Mars qui pourraient être applicables sur des humains ou des robots. Des tests sont notamment effectués sur des combinaisons spatiales sur des véhicules destinés au sol martien, à l’aide de drones aériens et de rovers martiens robotisés. Sont également testés les systèmes d’urgence médicale et bien sûr l’agriculture martienne qui assurera la survie d’une éventuelle colonie sur Mars.

Le Dr Jeff Jones testant une combinaison spatiale destinée à l’exploration de Mars.

Le Dr Jeff Jones testant une combinaison spatiale destinée à l’exploration de Mars. Crédit : NASA/Haughton-Mars Project

Se méfier du sable martien

Parmi les résultats des tests effectués dans le cratère de Haughton à l’aide des fameux rovers martiens, les chercheurs ont pu confirmer que ces derniers doivent être conçus de façon à éviter de s’enliser dans le sable. Ça semble une évidence, mais sans ces tests les humains vivant sur Mars auraient pu se retrouver dans des situations mettant leur survie en danger, avec des véhicules et des robots sur roues immobilisés et hors d’usage, très très loin d’une remorqueuse pour les dépanner.

La situation géographique très reculée du Projet Haughton-Mars a aussi permis d’effectuer une expérience concluante de télémédecine où des membres du camp, tous sans études médicales, ont pu être guidés à distance par des médecins et accomplir des gestes médicaux d’extrême urgence sur un patient robotisé simulé.

Certains actes médicaux réussis étaient aussi délicats et risqués que l’amputation d’une jambe.

La présence d’équipes diversifiées au Projet Haughton-Mars a aussi été nécessaire pour améliorer l’ergonomie et la facilité d’utilisation des combinaisons spatiales fixées sur l’arrière du rover Humvee Mars-1. Grâce aux diverses contributions ingénieuses partagées au cours des années, son port a été testé puis amélioré et le résultat est une combinaison dépressurisée de même poids que celle qui sera utilisée par les futurs astronautes.

le port d’entrée où les astronautes se glissent dans la combinaison

À gauche, le port d’entrée où les astronautes se glissent dans la combinaison. Crédit : NASA/Haughton-Mars Project

Ce design optimal permet notamment d’effectuer des sorties extravéhiculaires en protégeant l’intérieur du Humvee Mars-1 de la poussière martienne et d’autres contaminants. De plus, ce modèle permet d’économiser de l’espace puisque les combinaisons sont entreposées à l’extérieur du véhicule, ce qui permet aussi aux astronautes de se glisser rapidement et de façon sécuritaire dans leur combinaison spatiale sans s’exposer à l’atmosphère de Mars.

Voyage dans l’espace, une exposition à ne pas manquer!

Voyage dans l’espace, c’est la nouvelle exposition vedette du Centre des sciences. Elle propose de se mettre dans la peau d’un astronaute le temps d’une visite. Elle comporte plusieurs missions interactives qui permettront aux visiteurs de mieux saisir les défis qui attendent les humains au-delà de l’atmosphère terrestre. Elle est divisée en 5 sections : les dangers de l’espace, l’apesanteur, la vie dans l’espace, le travail dans l’espace et le futur de l’exploration spatiale. Elle prend l’affiche le 15 février et se poursuivra jusqu’au 7 septembre 2020.

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